Auteur : Christophe Bise

24.05.2018 – La Gruyère

Le Gruyèrock veut redevenir un grand club
Le Gruyèrock organise samedi à Bulle une Coupe de Suisse de rock, de boogie-woogie et de danse en formation. Son but:
rappeler que «le rock acrobatique est un sport avant d’être une danse, et surtout que notre club existe!» espère le président.
KARINE ALLEMANN
ROCK ACROBATIQUE. Quand un cycle se termine, un autre commence, forcément. Alicia Sommerhalder et Richard Wegmüller
ont la particularité d’en clore un et, en même temps, d’insuffler un nouveau départ. Ancien champion de Suisse, le couple va mettre un terme à sa carrière en novembre prochain, avec une participation aux championnats du monde de danse en formation (lire ci-dessous). Mais, au quotidien, ce sont les activités du Gruyèrock qui les occupent. Leur club qui, samedi, organise une manche de Coupe de Suisse à la salle omnisports.
Sur les 150 danseurs attendus, seuls deux jeunes couples (13-14 ans) s’aligneront sous la bannière gruérienne. «Quand nous avons organisé la dernière
Coupe de Suisse à Bulle, en 2010, nous étions sept couples engagés.
On a eu jusqu’à dix couples en compétition, à un très bon niveau. On arrivait à l’entraînement, ça fourmillait. Les assemblées du club étaient bondées, on organisait des sorties… De cette volée, on est les derniers. Cette dynamique nous manque.» Pourtant, Alicia Sommerhalder (25 ans) l’assure: pas question de s’apitoyer sur un temps révolu. Il s’agit de trouver un deuxième souffle. Au sein du comité, elle s’occupe principalement du secrétariat (elle est aussi coach Jeunesse et Sport),
tandis que son partenaire et futur mari Richard Wegmüller (27 ans) a repris la présidence du club il y a deux ans. «Aujourd’hui, nous sommes cinq au comité (Antoine Pugin, Alexandre Dey et Catherine Kolly), quasiment tous des danseurs. Et nous ne serons plus que trois dès cet automne. Alors que, avant, tous les parents dont les enfants faisaient de la compétition passaient par le comité…»
Dur dur de trouver de la relève. Pourtant, le Gruyèrock a longtemps eu une aura plus importante. «En discutant un peu, on se rend compte qu’énormément de monde pratiquait le rock dans le passé, souligne Richard Wegmüller. Aujourd’hui,il me semble qu’on ne sait même pas que le club existe. Si on organise cette compétition
ce week-end, c’est aussi pour faire parler de nous.» Le club compte actuellement une trentaine de membres, principalement dans le groupe plaisir et ses 12 couples. «Ce sont des adultes de 35 à 50 ans, explique leur président et entraîneur. Ils font quelques acrobaties, mais ils n’osent pas trop se montrer au public en compétition.»
Alicia Sommerhalder d’ajouter: «Ils sont vraiment super, mais, forcément, ils ne représentent pas la relève. C’est pourquoi nous aimerions pouvoir attirer des jeunes. Mais nous n’arrivons plus à entrer en contact avec les écoles. J’ai écrit à tous les cercles scolaires, un seul m’a répondu, et c’était négatif.» Si un autre cours s’adresse
aux jeunes dès 6 ans, le Gruyèrock vit aussi de démonstrations données à l’occasion d’événements divers. «Quand j’ai repris la présidence, mon objectif était vraiment de changer l’image du rock acrobatique. En démonstration par exemple, finis les costumes à paillettes! On danse en tenue de sport. Il faut que les gens se rendent
compte que c’est d’abord un sport avant d’être de la danse.» D’abord des gymnastes Pour preuve, la difficulté de performer à très haut niveau. Champions de Suisse dans la catégorie C en 2010 et vicechampions de la catégorie B en 2014, Alicia Sommerhalder et Richard Wegmüller n’ont pas percé dans la catégorie reine, en A. «Dans cette catégorie, pour les filles, ce n’est plus les portés habituels que l’on apprend depuis nos débuts, c’est carrément de la gym, relève la jeune femme. D’ailleurs, à ce niveau, ce sont souvent des anciennes gymnastes qui n’ont jamais fait de rock et qui ne sont pas forcément de bonnes danseuses, mais qui réalisent des choses incroyables en l’air.» Pour les jeunes femmes, poussées jusqu’à 4 ou 5 mètres du sol, le mental est très important. «Les filles sont complètement folles de monter si haut et d’être rattrapées par un gars», rigole Richard Wegmüller. Les entraînements de la catégorie A se font d’ailleurs avec une ceinture de sécurité pour
les danseuses. «Cela nécessite qu’un entraîneur reste toute la séance avec nous pour m’assurer, explique Alicia Sommerhalder. Comme nous nous entraînons
toujours (lire ci-contre), nous avons la chance de pouvoir compter sur Julien Baillif. Ce n’est pas toujours facile de trouver quelqu’un. En plus, la salle
de la Rieta n’est presque pas assez grande pour les meilleurs. Une fois, une fille a touché le toit avec ses pieds… C’est pour cela que plusieurs danseurs qui voulaient
faire du haut niveau sont partis à Neuchâtel.» A l’image du Sorensois Fabien Ropraz, ancien numéro un mondial. Ne manque que les couples En prenant sa retraite de
danseur en compétition, le couple pensait avoir davantage de temps libre. Le voilà plus impliqué que jamais. Mais il ne serait pas contre un coup de main. «C’est pour cela que nous espérons qu’un événement comme la Coupe de Suisse va donner envie à des jeunes de commencer. Car on a vraiment l’intention de s’impliquer sur
le long terme», espère Richard Wegmüller. Sa partenaire confirme: «On a l’expérience pour entraîner un duo jusque dans la catégorie A! Ce serait génial, car on est vraiment motivés. Il ne manque que les couples!»